Les flaques me renvoient ton sourire, ton étincellant sourire, aujourd'hui d'une sorte de teinte étrangement transparente.
Je me perds dans la folie chaque soir un peu plus, et les verres vides s'entassent à mes côtés comme de fidèles compagnes, aussi creux que les jours.
Dans mon sommeil, tourné de ton côté du lit je t'appelle et me réveille, la main positionnée comme pour caresser tes cheveux.
Mais je joue les menteurs, l'homme fort, j'affirme que tout va bien.Je fais semblant, je porte un masque blanc.
Et pourtant je pleure plus qu'un homme ne le devrait.Je crie beaucoup aussi.Trop souvent.
La pluie est comme la nuit, cruelle mais belle, même si moins que le souvenir de ta silhouette qui s'enveloppe d'un halo aveuglant chaque fois que j'y pense; et je cours encore et encore, détrempé, haletant en espérant te trouver par hasard, au coin d'une rue.
Le bruit des trombes d'eau qui frappent à la vitre sont les battements de mon coeur disparu ; cette sonorité a presque la même que celle de ta main frappant à la porte et les jours de pluie, je me surprends encore à regarder l'entrée, parfois même à ouvrir la porte pour, comme d'habitude, tomber à genoux, face-à-face avec du rien, sur le parquet de ce couloir que je déteste tellement fort, parce que tu ne t'y trouves pas.
Quelquefois des perles de pluie ont perdu leur route et tombent de mes yeux, mais je m'en fous.
Je n'ai plus vraiment d'émotions pourtant je fatigue lentement et mes joues s'usent de ces torrents, mes oreilles des musiques de ta voix qui deviennent assourdissantes malgré elles.
Ton sourire n'a jamais été aussi beau que depuis qu'il s'est graduellement effacé du miroir et tes yeux n'ont jamais eu autant d'importance que depuis qu'ils ne me fixent plus.
Le bruit de tes pas s'évanouit lentement sans que je ne puisse le retenir.
L'absence de la chaleur de tes paumes a déposé une atmosphère glaciale en ces lieux vides de sens et de liens forts et maintenant, dehors, la pluie se transforme en neige...
Et...
Et ce soir je m'endormirais...